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Albert Londres
Que faire un soir de victoire ?
   Stéphanie Harounyan, aka Albertine II   le 16/04/2012
 
 

Celebrate good times (come on)

 

La semaine dernière, Albert vous a raconté la merveilleuse histoire de Claude Martin, le onzième homme qui réussissait l’exploit de synthétiser tous les candidats en lui, hors extrêmes. Cette semaine, Albert suit toujours Claude Martin, qui vient tout juste de remporter l’élection présidentielle et ce dès le premier tour - forcément, tout le monde est d’accord avec son programme.

Dans une loge cosy d’une chaîne tout ce qu’il y a de plus nationale, Jacques Standard et Michel Poor savourent le moment en compagnie d’une Veuve C. fraîchement débouchée. Il est 20h15, Claude Martin vient d’être élu dès le premier tour de l’élection présidentielle avec 50,0000001% des suffrages exprimés. Alors que toute la France exulte, que le fameux Benoît D. a sorti sa moto du garage et arpente les rues de Paris à la recherche du nouveau président, ce dernier reste introuvable. Une situation tendue, qui ne semble inquiéter ni Jacques, aux prises avec un Sudoku, ni Michel, qui raccroche à l’instant son téléphone.

- C’était Patrick. Claude s’impatiente. Il attend dans sa CX qu’on le rappelle. Qu’est-ce qu’on en fait ?

- On avait prévu quoi ?

- Le brief « victoire » était prévu pour mardi 10 heures. On n’a même pas encore fini les slides.

- Tu as la to do list sur toi ?

- Dans ma tablette.

- Alors on y va, point par point.

- Numéro un, Paris ou province.

- Province, ça fait chic, quand même. De Gaulle à Colombey, Mitterrand à Château-Chinon pour ses deux élections... Sauf que c’est trop tard. Paris, donc.

- Oui mais Paris quoi ? Paris Pompidou, du genre dîner chez lui avec les copains et décollage vers ses bureaux vers 22h30 ? Ou Paris Chirac, avec virée en CX jusqu’à la permanence, option no comment ? Ou Paris Giscard, tout seul dans son ministère, option no friend. On oublie le Paris Sarko, no way...

- Pas forcément. On oublie le Fouquets, mais pourquoi pas le rassemblement spontané de la foule en délire vers un lieu qui nous plaît ?

- Pas la Concorde, ça fait bling bling.

- Je crois que Mélenchon a booké la Bastille.

- La place de la République ? Esprit Chirac en 2002.

- Validé. Virée en CX - mais dis-lui d’arrêter de faire des photos avec son portable - plus place de la République, avec plein de jeunes contents qui brandissent des drapeaux. On va bien trouver un camion avec podium et sono. On a qui, pour chanter ? Mireille va flipper, j’allais la faire rentrer du Japon vendredi prochain...

- Alors Mélenchon a booké Bernard Lavilliers et Sanseverino, Hollande a M, Biolay, Noah... Sarkozy a booké toute la tournée Age tendre et tête de bois, plus Enrico Macias et Carla Bruni... On avait bien avancé avec M. Pokora, mais il tourne actuellement son clip en Vendée.

- On n’a pas au moins un acteur bankable à mettre sur la photo ?

- François Berléand roule pour Bayrou. Je sais que Balasko et Anémone étaient avec Mélenchon, Depardieu, Clavier, Reno avec Sarkozy...

- François Cluzet, voilà !

- Je crois qu’il a été approché par Hollande...

- Appelle Patrick et dis-lui d’essayer. Dis-lui d’essayer Dujardin, aussi.

- Et sinon, il dit quoi ?

- Qui ? Claude ? Ils ont dit quoi, les autres ?

- Bah, trois fois rien. « J’ai compris », « Je mesure la charge », « Je remercie »...

- Voilà, ça, c’est très bien. Juste « Merci ».

- Va pour merci. J’appelle Patrick... Jacques ?

- Oui, Michel ?

- Et maintenant, qu’est-ce qu’on va faire ?

Demain : Claude Martin nomme son gouvernement.


 



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