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Albert Londres
Pendant ce temps, en Slovaquie
   Frédéric Legrand, aka Albert II   le 17/01/2012
 
 

Kosice, la petite jumelle qui monte en 2013

 

Au temps pour le Marseille-bashing : Kosice, l’autre capitale européenne de la culture en 2013, est confrontée aux mêmes difficultés et défis que sa jumelle française. Deuxième ville de Slovaquie avec 240 000 habitants, Kosice (prononcez « Kochitzé ») est encore en phase de bouclage de son programme, en plein grands travaux, et tiraillée elle aussi entre exigence artistique et participation populaire pour l’année 2013. Différence notable tout de même : les nouveaux projets artistiques semblent avoir émergé plus tôt. « Nous avons investi notre premier lieu il y a deux ans, et un autre depuis six mois », explique Christian Potiron, chargé à Kosice 2013 du projet Spot, qui vise notamment à faire participer aux évènements artistiques les habitants des quartiers périphériques de la ville, de grandes cités construites durant la période communiste. Rapidement après avoir été désignée en 2008, la ville a mis à disposition de l’association 2013 des anciennes casernes réaménagées en salles d’exposition ou de concert, et réhabilitées au fur et à mesure depuis l’an dernier.

Piscine. Pour que 2013 laisse un héritage pérenne sur le territoire –une des exigences du cahier des charges européen, Kosice tente comme Marseille d’y faire participer sa population. « On travaille sur une sensibilisation à certaines formes d’art qui ne sont pas souvent montrées à Kosice, comme l’art contemporain, et d’autres approches comme le théâtre documentaire [1] », explique Christian Potiron. Associations communautaires, secteur social, artistes de rues et même association intervenant en prison : tous les secteurs ont été mobilisés. Ecueil : faire de l’art avec des amateurs donne un résultat pas forcément parfait. Mais cela reste complémentaire de la stratégie « d’excellence » et de « surprise » prévue pour l’année capitale de la culture.
L’objectif affiché par Kosice est de créer de nouveaux espaces culturels et, parallèlement, un nouveau secteur économique entier, axé sur la création. La ville s’est donc lancée dans de grands travaux d’infrastructures, notamment la création d’un centre d’art dans une ancienne piscine municipale. « La différence, c’est que Kosice en profite pour créer des infrastructures qui n’existaient pas avant, donc ils s’y sont pris un peu plus en avance », souligne Aurore Pascot, directrice de l’Alliance française de Kosice. Autre atout pour Kosice : au travers de l’association, la mairie est l’interlocuteur unique pour ces grands chantiers. « Cela facilite sans doute l’approche comparé à l’ensemble du territoire de Marseille-Provence 2013 », analyse Christian Potiron.

Isolement. Portée par les pouvoirs publics et soutenue par le secteur privé, notamment le métallurgiste US Steel, premier employeur local, Kosice 2013 doit cependant encore surmonter un obstacle : son isolement géographique. « Ce n’est pas une ville facile d’accès, souligne Aurore Pascot : on est à cinq heures de Bratislava [2] et il n’y a pas beaucoup de vols directs. » Pour le moment, un Marseille-Kosice suppose de prendre trois avions différents. Cela n’a cependant pas empêché les premières coopérations de voir le jour. Le photographe marseillais Antoine d’Agata, membre de l’agence Magnum, devrait faire étape à Kosice dans le cadre de son travail sur les frontières de l’espace Schengen. Côté musique, l’Alliance française a déjà calé pour le printemps 2012 un festival avec trois groupes marseillais qui montent.

Photo Jordi Masagué / Licence CC

Demain : Marseille 2013, cinq ans de batailles et c’est pas fini.

Notes

[1] Pièces utilisant comme texte des documents réels : journaux, minutes de procès, débats politiques etc.

[2] Capitale de la Slovaquie.


 



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