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Albert Londres
Décors
   Frédéric Legrand, aka Albert II   le 15/11/2011
 
 

L’embarras du choix pour poser la caméra

 

Cent onze quartiers et mille décors. Marseille a accueilli l’an dernier plus de 1 100 jours de tournage, soit en moyenne trois shootings par jour, selon les dernières statistiques de la mairie. Le feuilleton Plus belle la vie se taille évidemment la part du lion, avec 300 jours de tournages, dont la moitié en extérieur. Pour les autres productions, les tournages se déroulent également très largement en extérieur. « Ici il y a une lumière particulière, et puis avec la météo tu es quasiment sûr de pouvoir tourner. Même quand il pleut, il y a toujours un moment de tranquillité », explique Madjid Hamzaoui, régisseur et repéreur de lieux de tournage depuis vingt ans, notamment sur tous les films de Guédiguian.

La baie des singes, « haut lieu pour les scènes de règlements de compte, des transferts d’enveloppe ou des premiers baisers ».

Forcément, il y a des classiques : « Le parc Borély, Longchamp, certaines églises, ce sont vraiment des décors presque livrés clés en main », estime Clémentine Amiel, régisseuse free-lance qui travaille depuis six ans pour Plus belle la vie. Il y a évidemment aussi la corniche, Notre-Dame-de-la-Garde et les calanques. « La baie des singes, c’est le haut lieu pour les scènes de règlements de compte, des transferts d’enveloppe ou des premiers baisers. Il y a aussi un carré au cimetière Saint-Pierre que je connais par cœur, sur la colline, avec des tombes anciennes et espacées. Tous les régisseurs y vont. » Le Panier figure aussi parmi les spots quasi obligés. « Le passage de Lorette, par exemple, je l’ai déjà fait une dizaine de fois. Le quartier est un superbe décor mais il est très difficile d’accès, nuance Madjid Hamzaoui. Les camions de 22m3 y passent à peine, ça demande encore plus d’organisation. »

Trois ou quatre solutions par décor. Le plus souvent, les repérages s’effectuent en voiture, appareil photo à la main. « On se base sur le scénario puis on fait appel à notre connaissance de la ville, à nos amis, on se promène... C’est assez empirique », détaille Clémentine Amiel. Outre l’esthétique du lieu, il faut prendre en compte son aspect pratique. « L’arrière de la mairie et le bas du Panier, on a arrêté d’y tourner depuis que l’Hôtel Dieu est en travaux », souligne Clémentine Amiel. « Pour un décor, on propose toujours trois ou quatre solutions différentes, explique Madjid Hamzaoui. Comme ça le chef opérateur a le choix en termes de lumières, d’angles de vue... »

Carte postale. Les demandes varient beaucoup selon que le réalisateur est ou non de la région. « Avec Guédiguian, c’est simple, dès le scénario il sait ce qu’il veut comme quartier », note Madjid Hamzaoui. Les décors recherchés évoluent aussi avec le temps : « Il y a dix ans, les réalisateurs qui venaient à Marseille ne tournaient que de la carte postale : le Vieux-Port, la mer, le Panier, se souvient Madjid Hamzaoui. Depuis, beaucoup de productions se sont installées dans le Sud et les gens ont découvert que cette ville n’était pas seulement les escaliers de Saint-Charles ou la Bonne-Mère. Maintenant on tourne vraiment partout. » Y compris pour recréer des endroits hors-Marseille. Pour un film qui avait perdu une pellicule après un tournage en Israël, Madjid Hamzaoui a dû trouver un coin de Marseille ressemblant à la Palestine. Pour Plus Belle la vie, Clémentine Amiel a dû recréer en trois lieux de tournages une rue... parisienne.

Photo Alpha du centaure, licence Creative commons


 



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