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Albert Londres
Industrie
 
 

L’incessante attente
des Net Cacao

 

En mai 2004, le groupe Nestlé France annonçait la fermeture de son usine de Saint-Menet, dans le 11e arrondissement de Marseille. Les 427 salariés de l’usine, emmenés par le syndicat CGT, entame alors une lutte pied à pied, qui se jouera essentiellement devant les tribunaux.

Ces heures passées dans les prétoires ne seront pas vaines : en obtenant quelques victoires juridiques et surtout, en gagnant du temps sur la fermeture, les salariés ont permis à un repreneur de se manifester. En 2006, la société Net Cacao récupérait l’usine et embauchait 180 ex-Nestlé pour fabriquer son chocolat. Cinq ans après, en juin dernier, retour à la case justice : la société Net Cacao rencontre d’importantes difficultés de trésorerie et la menace d’une liquidation se précise. Les anciens de Nestlé reprennent alors le chemin du palais, pour défendre « leur » usine à leur façon : en luttant pied à pied devant les tribunaux plutôt que d’empêcher la production en bloquant l’usine.

C’est aussi le retour de l’attente, celle de la décision du juge, du dossier d’un potentiel repreneur, celle entre deux AG à l’usine, qui ne tourne plus. Une autre face du temps syndical, loin des occupations de site et des manifestations bruyantes.

Cette fois, la ténacité des salariés n’a pas suffi. Au début de l’été, à court de recours, Net Cacao a tiré le rideau. Pour un temps indéterminé. #


 



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