Vous êtes ici > Feuilletons > Marseille se livre > La Marelle, un toit pour les écrivains
Albert Londres
Résidence d’auteurs
   Frédéric Legrand, aka Albert II   le 8/11/2011
 
 

La Marelle, un toit pour les écrivains

 

C’est une baraque imposante de pierre grise, surélevée et ceinte d’un petit jardinet. Coincée entre la voie de chemin de fer et l’ancien bassin de rétention d’eau de l’usine Seita, elle était autrefois la demeure du directeur de l’ancienne manufacture des tabacs. Depuis cette année, la bâtisse s’appelle la Marelle, une des quatorze résidences d’auteurs recensées en Paca par l’Agence régionale du livre. Dans les années 1990 déjà, Jean-Claude Izzo avait eu le projet de créer une résidence dans ce bâtiment.

Pas de limite de style. De dehors, on dirait une maison un peu laissée à l’abandon. A l’intérieur, murs repeints en gris et blanc, vieilles tomettes et parquets laissés dans leur jus. Au rez-de-chaussée se sont installées les éditions du Bec en l’air et l’association Des Auteurs aux lecteurs, qui gère la Marelle. Par la fenêtre ouverte, on entend des oiseaux se chamailler dans les arbres du jardin. Le bruit des trains au loin et le sol qui vibre légèrement à leur passage. Au premier étage, c’est la résidence. « Pendant dix ans, la Friche utilisait l’appartement pour de courtes résidences d’artistes, explique Pascal Jourdana, directeur de la Marelle. Elle nous prête le lieu. On l’a un peu réaménagé en installant un lave-linge, une télévision, un grille-pain, pour pouvoir organiser des résidences plus longues. »

En général, les auteurs restent deux mois à la Marelle. « On a pas de limite de genre ou de style, assure Pascal Jourdana. On leur demande simplement d’être dans une démarche de création, soit d’un nouveau travail soit de poursuite d’un ouvrage entamé avant la résidence. On leur demande aussi d’inviter quelqu’un à la résidence, n’importe qui. On encourage les rencontres avec des artistes d’autres disciplines, pour favoriser les échanges. » Pas d’obligation d’écrire sur Marseille ou de s’inspirer de la ville, seulement de rencontrer des gens du cru, qu’ils soient lecteurs, artistes, archivistes, chercheurs...

« Une ville très chaotique. » En ce moment, c’est l’écrivain mexicain Juan Manuel Villalobos qui termine sa résidence. Arrivé à Marseille en début d’année pour apprendre le Français, il intègre la Marelle au mois d’août pour poursuivre son second roman. L’histoire d’un jeune Mexicain qui se souvient des dix dernières années de sa vie, entre Mexico, Barcelone, la Suède et un petit peu Marseille. « C’est une ville où je me sens bien, tranche Juan Manuel Villalobos. Elle est très chaotique, elle a un côté latino-américain. » A la Marelle, l’écrivain a rencontré l’écrivain et dramaturge irlandais Robert McLiam Wilson. « Il est resté quelques jours, on a échangé des idées. » Aujourd’hui, Juan Manuel devrait animer un master-class d’écriture en espagnol, avant une rencontre avec des lecteurs jeudi à Aix.

En un an à peine, la Marelle a déjà accueillis trois auteurs. Elle devrait en accueillir douze l’année prochaine. « On a déjà largement plus de demandes que des créneaux disponibles », pointe Pascal Jourdana. Prochains projets : la publication d’une revue culturelle trimestrielle papier, et d’une restitution sous format numérique d’une œuvre de chaque auteur venu en résidence.

La Marelle organise le 18 novembre à 20h à la Friche une lecture-rencontre des Vieux fous, nouveau roman de Mathieu Belezi, lu par l’acteur Charles Berling. Entrée libre, réservation indispensable au 04 91 05 84 72 ou contact villa-lamarelle.fr


 



ALBERT EN RÉSEAU

Sur Flickr
Fil RSS