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Albert Londres
Fuites
   Frédéric Legrand, aka Albert II   le 13/03/2012
 
 

La chasse au tuyau percé, sans cesse renouvelée

 

À l’occasion du Forum mondial de l’eau et de l’Alter-forum qui se tiennent tous deux à Marseille cette semaine, Albert suit le parcours de l’eau qui nous alimente, depuis la source pure et gratuite de montagne jusqu’au service de traitement des eaux usées. Aujourd’hui : gérer les fuites d’eau dans les tuyaux.

Trois fois Paris-Marseille en longueur de tuyaux. Sous le bitume et les trottoirs de Marseille serpentent 2 200 km de conduites d’eau potable. Et cocorico : le taux d’eau perdue y est exceptionnellement bas : 15% seulement l’an dernier, contre 25% en moyenne nationale. « C’est un très bon rendement, et peut-être même un plafond, analyse Mourad Benhemou, responsable distribution pour Marseille à la SEM [1]. Au-delà, pour chaque point gagné, il faut vraiment voir combien ça coûte en investissement. » Des marges d’amélioration existent encore malgré tout sur le volant « gaspillage » : « avec une meilleure approche du nettoyage de la voirie [quand les cantonniers utilisent les boîtes à eau disposées le long des rues], on peut encore gagner deux à trois points en quelques mois », estime Mourad Benhemou. Côtés fuites, en vingt-cinq ans, le nombre d’interventions a été divisé presque par cinq, pour atteindre 800 en 2010.

Fonte grise. Globalement, le réseau de tuyaux marseillais est plutôt jeune et en bon état : 38 ans d’âge moyen, un quart seulement en fonte grise, matériau plus fragile en cas de froid intense. Chaque année, la SEM renouvelle 25 km de tuyaux, en ciblant en priorité ceux en fonte grise pour les remplacer par de la fonte ou du béton pour les plus gros diamètres. Pour l’existant, la SEM a développé un service spécialisé de détection des fuites. « La meilleure technique c’est la corrélation acoustique, explique Mourad Benhemou. On peut par exemple poser des capteurs le soir à plusieurs endroits du tuyau suspect, les relever le lendemain et en analysant l’enregistrement, identifier l’emplacement de la fuite. » Dans ce cas, la plupart du temps la partie qui fuit est intégralement remplacée plutôt que colmatée.

La frontière du compteur. Juridiquement, la responsabilité de la SEM s’arrête après les compteurs d’eau des immeubles, qu’ils soient collectifs ou individualisés. Mais l’entreprise intervient souvent en amont des constructions pour donner des conseils aux opérateurs de BTP, et en aval pour aider à détecter les fuites internes aux bâtiments. Elle a même développé une filiale spécialisée dans ce but. « Dans le privé, il s’agit souvent de problème de vétusté et de manque de maintenance des réseaux, souligne Mourad Benhemou. Ou alors des problèmes de gel de tuyaux laissés à l’air libre.  » Pour faciliter le repérage des fuites, la SEM lance descampagnes de sensibilisation du public, notamment pour réaliser des relevés rapprochés et réguliers des compteurs individuels. Certaines communes comme Bandol, Simiane ou Puyloubier ont même été équipés de compteurs qui alertent en temps réél les occupants de consommations d’eau anormales.

DEMAIN : promenade dans les égouts de Marseille

Photo QueDela, licence CC.

Notes

[1] Société des eaux de Marseille


 



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