Vous êtes ici > Feuilletons > OM-PSG, en terrain ennemis > Le PSG force l’OM à courir derrière les millions
Albert Londres
Finances
   Frédéric Legrand, aka Albert II   le 22/11/2011
 
 

Le PSG force l’OM à courir derrière les millions

 

D’un côté, 80 millions pour se payer, entre autres, Javier Pastore. De l’autre, 92 millions d’euros pour entraîner Diawara à ne pas marquer contre son camp. En un mercato, le PSG a presque autant dépensé pour acheter que l’OM en un an de masse salariale. Depuis l’arrivée de Qatar Sport Investment (QSI), qui a racheté 70% du club pour quelques 40 millions d’euros, le PSG a ouvert une nouvelle catégorie dans le foot français : pas aussi démesuré que les clubs anglais ou espagnols, mais déjà très loin des autres grosses cylindrées de Ligue 1 comme Marseille ou Lyon. En douze ans passés à la tête du club, Robert Louis-Dreyfus n’avait investi « que » 210 millions d’euros dans l’OM. S’ils tenait le rythme jusqu’à la coupe du monde du Quatar, en 2022, QSI afficherait un total de 800 millions.

Le magasin du PSG sur les Champs-Élysées.

Paris encore fragile. La force de frappe financière ne se traduit pourtant pas automatiquement sur le terrain : les statistiques de la DNCG [1] montrent que c’est même rarement le cas. Sur la saison dernière, Lille, dont le budget est trois à quatre fois moindre que ceux de Marseille et Lyon, s’est imposé confortablement champion de France avec huit points d’avance. Pour le moment, le PSG reste fragile : « Le club n’a pas encore les moyens de s’assurer une domination en championnat quoiqu’il arrive. N’étant pas encore doté d’un banc de niveau international, il est à la merci de blessures, de mauvaise entente ou d’une déstabilisation de l’équipe en cas de remplacement de Kombouaré », estime Bastien Drut, auteur d’une étude sur l’économie du football. La défaite parisienne du week-end dernier face à Nancy a de ce point de vue fait l’effet d’une douche froide.

Le bon moment pour acheter français. Mais le flottement pourrait n’être que de courte durée : QSI peut refaire un gros coup lors du mercato d’hiver, et chercher à tuer définitivement le championnat pour se concentrer sur la préparation de la Ligue des champions l’an prochain. Derrière, l’OM risque d’avoir du mal à suivre avec son équipe qui tatonne déjà face à Montpellier, et alors que Margarita Louis-Dreyfus se refuse à réinvestir dans un club qui a coûté si cher à son mari. « La différence de l’investissement du Qatar et de RLD dans leurs clubs sont sans commune mesure, souligne Bastien Drut. Si le PSG continue à dépenser sur ce rythme, il prendra un ascendant sportif durable sur l’OM. » Seul espoir pour le club phocéen : être racheté par un autre fonds d’investissement souverain ou un multimilliardaire. Une perspective pas si folle si MLD souhaite vendre : « C’est le bon moment pour acheter français, contrairement à ce que l’on pense, expliquait en juillet dernier l’économiste du sport Frédéric Bolotny dans le mensuel So Foot. Vous avez deux ou trois ans qui risquent d’être difficiles mais après il y a en point de mire l’Euro 2016 et des stades qui devraient permettre aux équipes de changer de modèle économique et d’être plus indépendantes. Enfin, malgré les déficits, les bilans sont beaucoup plus propres qu’au début des années 2000. »

Le diagnostic s’applique parfaitement à l’OM, qui devrait disposer dès 2014 d’un Vélodrome couvert, agrandi avec plus de loges VIP et ceinturé d’un ensemble de commerces et hôtels. Financièrement, le club était la saison dernière en déficit d’un demi-million pour 122 millions de budget : rien d’insurmontable pour un gros investisseur. QSI est entré dans le PSG en vue de la coupe du monde, qatarie, soit un horizon d’au moins dix ans. Compte à rebours lancé pour l’OM.

Photo Zoetnet, licence Creative commons

Notes

[1] Direction nationale de contrôle de gestion, organe de la Ligue.


 

Vos commentaires



ALBERT EN RÉSEAU

Sur Flickr
Fil RSS