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Albert Londres
Alternatives
   Frédéric Legrand, aka Albert II   le 14/02/2012
 
 

Le deux-roues, pas encore en vitesse de croisière

 

Les taxis marseillais inaugurent ce mois-ci leur nouvelle station de la gare Saint-Charles. Le symbole d’un renouveau après les arrestations en série de taximen présumés fraudeurs, la banqueroute des taxis TUPP et la « démission » de Lolo Gilardenghi, patron de 30 ans de l’intersyndicale des taxis marseillais ?
Pour le vérifier, Albert se cale cette semaine sur leur banquette arrière, en vous racontant dans le même temps les coulisses de son travail. Aujourd’hui : la place des taxis à deux roues dans les rues de Marseille.

Chapitre 3 : où Albert s’essaie à l’investigation téléphonique et télématique

À Marseille, un taxi, ça a quatre roues et une radio ou ça finit dans le Vieux-Port. Longtemps, l’adage a pu se vérifier. Sous la houlette de « Lolo » Gilardenghi, l’intersyndicale s’est opposée à tout et n’importe quoi : auto-partage, moto-taxis, vélo-taxis… Il n’y a que les bus et les vélib’ qui soient passés au travers des gouttes, et encore. Je me souviens tout particulièrement de l’épisode Vélocab’, fin 2009, quand un jeune homme a embauché huit jeunes pour faire du taxi-vélo en centre-ville. Menacés physiquement par les taxis traditionnels, rabroué par l’adjoint aux taxis de la mairie de Marseille, l’entreprise a rapidement baissé le rideau. La fin des haricots ? Pas forcément.

Scooter et gros cubes. Vélocab’ a peut-être pêché par enthousiasme en se lançant frontalement et sans trop de concertation avec mairie et taximen dans un secteur stratégique, l’hypercentre-ville, où pullulent les stations de taxis (cf la carte établie par la mairie). Depuis, pas à pas, d’autre service réussissent à s’implanter. Avec la multiplication des bouchons, le plus développé est les moto-taxis : cinq sociétés fonctionnent à Marseille. Transpromoto, la première à laquelle je passe un coup de fil, s’avère être la plus ancienne en ville à rester en activité : quatre ans au compteur déjà. « On travaille sur rendez-vous uniquement, explique Yves Ebeyer, associé et pilote dans la société. Le prévisionnel n’est pas encore au rendez-vous, on est encore loin du niveau de Paris où la moto-taxi est entrée dans les mœurs, mais l’activité croît. » Des soucis avec les taxis ? « Je n’ai jamais été agressé à Marseille, alors que ça m’est arrivé à l’aéroport. Certains de mes prédécesseurs avaient eu des problèmes en ville, mais ils se garaient à proximité des stations de taxis pour récupérer des clients. » Entre scooter grosse cylindrée pour les trajets en ville de 4 à 5 km et moto tout confort pour les trajets plus longs, l’offre est variée et se veut « complémentaire des taxis traditionnels ». « J’ai un client qui prend un taxi-berline le matin, et une moto-taxi le soir au moment des embouteillages », explique Yves Ebeyer.

Micro-proximité. Du côté des vélos, en revanche, le marché est très différent. Après le retrait de Vélocab, la coopérative Proxi-pousse s’est lancée dans les rues de Marseille, mais sur un créneau très distinct de celui des taxis : « Nous faisons de la balade touristique, ou, pour nos adhérents, du transport sur commandes, facturés à l’heure et non au kilomètre, sur des petites distances de 5 km. C’est de la micro-proximité », détaille Jacques Bernard, président de la coopérative. Là encore, on est loin de Paris, qui recense déjà trois sociétés consacrées uniquement au vélo-taxi, sans compter une demi-douzaine d’autres qui proposent des promenades touristiques en pousse-pousse.

DEMAIN : Taxi, la BO


 



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