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Albert Londres
Actu et Internet
   Frédéric Legrand, aka Albert II   le 28/03/2012
 
 

Le papier, avenir du web ?

 

Albert vous propose cette semaine le très meilleur de ses feuilletons d’actualité du mois de mars.
Aujourd’hui, plongée au coeur du dilemme qui agite tous les sites web d’infos : faut-il ou non tenter une version papier ?

Et soudain, Albert se demanda s’il avait choisi le bon modèle économique. Plutôt que de lancer un site web d’actu-uniquement-en-ligne-c’est-moderne-et-c’est-pas-cher, ne fallait-il pas se lancer aussi dans une version papier ?

La question se pose quand on voit le nombre de pure-players [1] qui tentent de faire exister une version imprimée de leurs contenus. Le magazine papier a plusieurs avantages : il permet de toucher un lectorat qui n’est pas forcément friand d’Internet. Il permet aussi de proposer aux annonceurs des espaces publicitaires vendus -pour le moment- plus cher par tête de lecteur que la traditionnelle bannière de page d’accueil d’un site web.

Chère distrib’. Mais la médaille a bien sûr son revers : forts coûts de distribution [2], coûts d’impression très importants si on veut faire du magazine un bel objet, forte concurrence et l’implantation des magazines papiers traditionnels, on en passe...
Rares sont les sites web à avoir réussi la bascule : au bout de dix-huit mois, Rue89 a transformé la semaine dernière son mensuel en une version numérique, malgré 19 000 ventes en moyenne. Malgré deux lancements successifs et 10 000 lecteurs, Bakchich a renoncé à reprendre sa version papier après le dépôt de bilan du site et sa renaissance en juin 2011. Mediapart s’essaie à des cahiers spéciaux ou à des livres, mais de manière exceptionnelle. Owni table sur l’édition numérique, sauf pour quelques-uns de ses best-sellers.

Prendre du recul. La recette du bi-media se trouverait-elle plutôt en région ? En Bretagne, depuis huit ans, le site web Mensuel de Rennes co-existe parallèlement à sa version papier. Et les deux trouvent leur place : le mensuel de Rennes et son homologue du Golfe du Morbihan totalisent 3 000 visiteurs uniques par jour sur le web et 9 000 à 13 000 lecteurs « papier ». L’équipe de 11 journaliste travaille indifféremment pour l’un ou l’autre support. « L’idée n’est pas d’utiliser le mensuel comme un best-of du site, explique Romain Joly, chef d’agence à Rennes. On traite l’actu chaude en ligne, et pour le magazine on prend plus de recul. » Les lectorats papier et web ne se croisant pas forcément : « Lors de rencontre avec des lecteurs du magazine, certains découvrent qu’on est aussi un site web », souligne Romain Joly. Dans une région où on lit beaucoup [3], le site assure avoir « encore des marges de progression ».

DEMAIN : William Allaire, invité d’Albert et radio Grenouille

Notes

[1] Medias d’actualité nés d’abord sur Internet.

[2] Une présence en kiosque peut représenter 40% à 50% du prix d’un journal, la livraison postale ou par porteur n’est pas non plus donnée, surtout pour des magazines un peu épais.

[3] 240 000 exemplaires de Ouest-France vendus chaque mois en 2011 dans les deux départements couverts par le Mensuel de Rennes, soit 100 000 de plus que La Provence sur l’ensemble de Paca (chiffres OJD).


 



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