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Albert Londres
Football
   Frédéric Legrand, aka Albert II   le 19/04/2011
 
 

Les robes noires courent peu après les shorts

 

L’homme qui avait failli racheter l’OM est un escroc. La justice l’a dit officiellement cet après-midi en condamnant Jack Kachkar pour « escroquerie et tentative d’escroquerie » à dix mois de prison avec sursis, 50 000 euros d’amende et 500 000 euros de dommages et intérêts à la famille Louis-Dreyfus. L’avocat de Kachkar a fait appel, mais on ne sera probablement pas plus avancé après le second procès. Comme pour beaucoup de dossiers judiciaires dans le foot, l’enquête a laissé de côté des pans pourtant essentiels de l’affaire. Dans le dossier Kachkar, c’était la réalité ou non de la fortune de l’autoproclamé businessman multimillionnaire. De part et d’autre de l’Atlantique, les enquêteurs n’ont pas pu ou voulu creuser la question. Car qu’ils soient patrons, entraîneurs, agents ou joueurs, les pros du foot sont l’objet d’attention sélective de la part de la justice.

BLANC OUBLIE

Lors du méga-procès des transferts de l’OM en 2006, l’enquête avait ainsi oublié de s’intéresser aux joueurs, des inconnus comme Ravannelli, Dugarry ou Blanc, pourtant fortement soupçonnés d’avoir bénéficié directement des commissions occultes. Le juge d’instruction avait estimé que le futur sélectionneur de l’équipe de France était destinataire d’une rémunération occulte de 600 000 euros lors de son transfert de Barcelone vers Marseille. Mais il n’a jamais été poursuivi ni même entendu. Pourtant « le connaissant, s’il n’avait pas été payé, il l’aurait fait savoir », avait taclé à l’audience Robert Louis-Dreyfus. Seul joueur devant témoigner au procès, Christophe Dugarry avait lui pu s’extirper in extremis du terrain grâce à un incident d’audience. Depuis ce procès tentaculaire, plusieurs autres transferts ont été passés au crible de la justice. Rares sont les joueurs à avoir été condamnés pour recel d’abus de biens sociaux. Quant aux agents ou entraîneurs, la prison -ferme ou avec sursis- ne les empêche pas de dormir. Il a ainsi fallu deux ans aux fins limiers français pour retrouver Rolland Courbis, condamné à deux ans de prison ferme pour les transferts de l’OM. Depuis la confirmation en appel de sa peine, l’homme était en cavale, se cachant sur le banc de touche du Montpellier Héraut Sport Club ou derrière un micro de la radio RMC. Libération avait écrit qu’à Marseille, on juge l’OM « avec France Football posé sur le code pénal ». Cinq ans après, il semble que tous les tribunaux de France se soient abonnés. #


 



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