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Albert Londres
20 000 lieux sous les mers
   Alberte III   le 25/10/2011
 
 

Quand les architectes s’aventurent sous l’eau

A l’occasion du Festival mondial de l’image sous-marine, Albert se met à rêver : et si demain, on sirotait tous notre café au lait chez nous à 25 m de fond ?

 

« Vd T4, très bel état, tt confort, cuisine américaine, vue imprenable sur l’épave du Dalton, -20m, au large du Planier, tél après 19h ». Quitte à passer pour un esprit chagrin, disons-le tout de suite : descendre dans les abysses après le travail pour retrouver son nid douillet et se faire un plateau-télé devant le film du soir, ce n’est pas pour demain. « Je ne vois vraiment pas la nécessité d’habiter définitivement sous l’eau, lance Jacques Rougerie, architecte sous-marin, un des pionniers du genre. Mais pousser l’exploration de la mer oui, c’est le destin de l’Homme ! »

  •  Vue sous-marine du projet Sea orbiter Photo J.Rougerie

Soixante-dix jours sous l’eau. Aquaculture, capteurs d’énergie de houle, éoliennes sous-marines : aujourd’hui, l’océan offre à l’homme un nouvel élan indéniable pour se développer, l’aider à résoudre les problèmes de nutrition ou d’énergie. Dans le cadre de cette recherche scientifique, Jacques Rougerie a passé en 1992 71 jours à 25 mètres de fond (un record), au large de Key Largo aux États-Unis : « c’était une expérience vraiment excitante. Dès que l’on quitte le monde de l’air, notre côté animal ressort, tous nos sens sont en éveil. Le rythme respiratoire est lent, on dort beaucoup plus, de 10 à 12 heures par jour et on a besoin de davantage de calories. Du coup, on prend 5 repas quotidiens, une nourriture adaptée, comme celle que l’on consomme dans l’espace ». Ce type d’aventure étant exclusivement réservée aux scientifiques et aux professionnels du monde sous-marin, Monsieur et Madame-tout-le-monde, à condition d’en avoir les moyens, doivent se contenter aujourd’hui de quelques nuits dans un hôtel de luxe.

Le Poséidon Undersea Resort, situé près des îles Fidji, compte 24 suites de luxe de 50 mètres carré, immergées à 15 mètres de profondeur, disposant « d’une vue imprenable sur la faune et la flore marines ». Comptez quand même 15 000 $ la semaine. Plus vintage, le Jules Undersea Lodge a ouvert à 9 mètres de fond en 1986 en Floride. Seuls les plongeurs avec bouteilles sont autorisés à y séjourner. Malgré une déco très minimaliste et un peu passée, deux très bons avis (dont un très récemment) ont été postés sur le site de référence des globe-trotters, Tripadvisor.

Six mois à dériver. Au cours de sa longue carrière, Jacques Rougerie a du renoncer à un certain nombre de projets ambitieux. Mais une chose est sûre, c’est qu’en novembre, il séjournera pour la 14ème fois aux côtés de ses amis les poissons dans le cadre du projet Sea-Orbiter. Cette maison robotisée et dérivante, pourra d’ici 2012 accueillir 8 à 10 personnes pendant six mois sans avoir à remonter à la surface. L’occasion de tester les résistances du corps humain en milieu très extrême, observer jour après jour les écosystèmes marins et mettre en situation les astronautes qui vont se rendre dans l’espace. « Même si on en est encore aux balbutiements et que l’on est très bien sur la terre, ces expériences annoncent le retour de l’homme sous la mer, ajoute l’architecte. Il y a 50 ans, certains projets étaient certainement trop avant-gardistes. N’oubliez pas que nos parents ne mettaient pas la tête sous l’eau quand ils allaient se baigner… ».

Bonus : Quelques-uns des projets de Jacques Rougerie

(Affichez le diaporama en grand et cliquez sur « Afficher les informations » pour bien en profiter)


 



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