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05
2013
 
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En maraude avec la Croix-Rouge
   Frédéric Legrand, aka Albert II   le 10/10/2012
 
 

Vivre dans la rue à Marseille

Etre sans domicile fixe, dans la deuxième ville de France. Pour la sortie du web-doc Terres communes consacré aux morts de la rue, Albert s’associe à radio Grenouille, le Ravi et Zinc pour donner la parole aux sans domicile fixe.

 

Un divorce, un licenciement ou une faillite. Puis, pas très longtemps après : la rue. Cela peut arriver à tout le monde. Et quand ça arrive, ça se passe si vite qu’en quelques jours à peine, quelques semaines, on perd tout repère et on ne sait plus comment l’on pourrait retrouver la vie d’avant, avec un toit.

Pendant un après-midi, Albert a suivi la maraude de jour de la Croix-Rouge marseillaise. Dans la voiture, Hervé et Sandrine vont à la rencontre des sans-abris pour prendre de leur nouvelle, les aider dans leurs démarches administratives ou de santé, les véhiculer parfois quand ils doivent traverser la ville pour voir un médecin ou une assistante sociale.

L’occasion de cartographier les structures d’aides aux sans domiciles fixes qui existent -nombreuses [1]- à Marseille. L’occasion surtout d’écouter la parole des vivants de la rue, et de ceux qui les aident.

MODE D’EMPLOI DE LA CARTE :

Si la carte ne s’affiche pas, téléchargez le plug-in Google earth ou cliquez en haut à droite sur l’affichage « Plan »

Cliquez sur chaque pictogramme pour voir le texte correspondant :

- les pictogrammes verts ou blanc désignent une étape de la maraude, complétée par des extraits sonores

- les pictogrammes rouges désignent une structure d’accueil


Afficher Sans-abri à Marseille : en maraude avec la Croix-Rouge sur une carte plus grande

Hervé et Sandrine, bénévoles de la Croix-Rouge :

Pour Sandrine, bénévole de nuit, cette maraude de jour est une première. Itinéraire d’un après-midi dans Marseille, de la gare Saint-Charles au Panier en passant par Longchamp, Libération et la Canebière.




Saïd, au Panier :

Saïd vit dans la rue depuis huit ans. Il garde le contact avec sa famille, reçoit souvent un peu d’aide des habitants du quartier et des associations. Mais il reste sans-abri.




Julie et Kevin, près du parc Longchamp :

Kevin et Julie n’ont pas encore 25 ans. Ils ont déjà vécu dans la rue à Dijon, et maintenant à Marseille. Avec leurs deux chiens, ils font la manche près du parc Longchamp. Julie doit faire refaire sa carte d’identité mais aussi faire soigner son genou. Depuis une mauvaise chute, elle ne peut plus plier sa jambe gauche.

  •  © Myr Muratet
  •  © Myr Muratet
  •  © Myr Muratet

« Tout doit être un flux, que l’on va canaliser »

Myr Muratet est photographe. Durant plusieurs mois, il a suivi le quotidien des usagers de la gare du Nord, dont plusieurs sans-domiciles fixe. Depuis, il a poursuivi son travail dans les friches urbaines de banlieue parisienne, occupées par des Rom.

Entre l’action de la police, des vigiles, et des dispositifs anti-SDF, la lutte s’organise contre les sans-abris autour des gares ?

Ils ne sont pas sans-abri, et ne s’appellent pas comme ça : des abris, ils s’en trouvent ou même s’en construisent. Ce sont plutôt des sans domicile fixe. Pour moi, ils sont tout simplement des usagers de la gare. Ceci dit, le durcissement est visible, que ce soit dans le mobilier urbain ou l’attitude des vigiles : dans une gare comme dans l’ensemble de la ville, aujourd’hui tout doit être dans un flux, que l’on va canaliser. Ce qui est dans le chemin : banc, clochard, doit sauter. On installe des plots, des pics, des grilles sur tout ce qui pourrait servir de banc. Mais ce n’est pas dirigé uniquement contre les SDF : j’ai fait des photos d’une gare de RER où les gens devaient s’assoir par terre pour attendre le train.

La répression contre les SDF découle-t-elle d’une demande de la population ?

Que ce soit vis-à-vis des SDF ou des Roumains, j’ai constaté que les gens sont au moins compatissants, et souvent même solidaires. Ils admettent qu’il y a quelques désagréments, j’ai vu quelques engueulades même, mais je n’ai jamais vu des usagers de la SNCF se liguer contre des clochards. Selon moi l’agression vient de l’État ou de pouvoirs publics comme la SNCF ou les mairies. Les expulsions sont toujours menées par la police ou des vigiles. C’est pour cela que ce qui s’est passé à Marseille [2] m’étonne beaucoup. J’ai du mal à croire que cela puisse être spontané et que l’on puisse s’en revendiquer devant une caméra de télévision.

Avez-vous constaté des différences d’attitude des pouvoirs publics selon les lieux ou les tendances politiques ?

Aucune. Quelle que soit la commune, la direction de la SNCF, le gouvernement de droite ou de gauche, rien ne change.

Diaporama : Myr Muratet, licence Creative commons
Photo de Une : Alexa Brunet / Terres communes

Notes

[1] Nous nous sommes concentrés sur les structures accueillant les hommes majeurs. De nombreuses autres sont dédiées aux mineurs, aux familles ou aux femmes seules

[2] L’expulsion d’un campement de Rom par des riverains.


 


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